Wuppertal – Grenoble : un peu moins facile

Me voilà rentrée de Wuppertal (Allemagne) où j’ai participé à une conférence… L’aller s’était parfaitement passé. Le retour a été un peu plus rocambolesque.

A 15h, le taxi nous attendait à la fac de Wuppertal pour l’aéroport de Düsseldorf. Le trajet s’est parfaitement passé. Une fois à l’aéroport de Düsseldorf, nous sommes allés sagement nous enregistrées (2h30 à l’avance)… Là, on est rapidement retombé dans le débat passionnant sur les batteries sèches/humides/débranchables/disjonctables, débat qui me paraît tellement ringard en 2017… J’avais bien tous les certificats du constructeur précisant qu’elles sont bien aux normes aéroportuaires etc. Mais le monsieur de l’enregistrement ne croyant que ce qu’il voit m’a demandé de sortir du fauteuil au beau milieu du hall et Alizée a dû faire une démonstration du débranchement des batteries… Satisfait, il m’a cependant ordonné de surtout ne pas remonter sur le fauteuil et d’attendre l’assistance…

L’assistance a fini par arriver avec un fauteuil tout pourri tombant en morceaux et mon fauteuil est parti. Là, nous pouvons déjà noter une différence avec l’aéroport de Lyon : à Lyon j’ai gardé mon fauteuil jusqu’au pied de l’avion…
Après le contrôle de sécurité, où Alizée a refusé catégoriquement de passer dans le scanner corporel (sachez qu’on peut refuser et demander, à la place des ondes, une fouille « manuelle »), on a attendu l’enregistrement. Une petite camionnette est venue nous chercher pour nous amener à l’avion.

Fauteuil de transfert pour entrer dans l’avion

Et là, le pilote a demandé qu’on me mette du côté « hublot ». Alizée a fait remarquer que ce n’était pas pratique, on lui a répondu que c’était une règle internationale : en cas d’évacuation, je ne dois pas gêner le passage étant évacuée en toute dernière… A Lyon, on m’avait installée côté couloir ;). Bref, à défaut d’évacuation, j’ai pu admirer le paysage.

Nous avons atterri, récupéré le fauteuil en forme et nous nous sommes installés pour attendre la navette Ouibus prévue 2h30 plus tard, à 22h30… Oui, on avait prévu large…
Et là… A 21h30 pratiquement pile 1h avant notre navette, un chauffeur Ouibus nous a été envoyé pour nous annoncer que la navette « accessible » venait de tomber en panne à Grenoble et donc la solution proposée était de me porter dans l’autocar et de mettre mon fauteuil en soute… Je ne sais pas si vous visualisez la porte et l’escalier d’un autocar mais c’est étroit et en plus l’escalier fait un angle. Donc en pratique, c’est difficile de me porter surtout pour descendre de l’autocar je pense. Et puis, on avait tout fait pour s’assurer qu’on aurait bien une navette accessible.

Alizée s’est transformée en lionne ou en tout autre animal féroce de votre choix, disant que c’était hors de question qu’on me porte et qu’il fallait une autre solution : navette, taxi, hélicoptère. Les téléphones ont commencé à chauffer. Alizée a même voulu appeler un portable qui était indiqué dans la signature officielle d’un email pro que j’avais reçu lorsque la SNCF m’avait présenté ses excuses pour une autre mésaventure. Il s’est avéré que le portable n’était pas éteint et qu’Alizée a tiré du lit une « responsable politique de la SNCF » (je cite) furieuse d’être dérangée. Ici, si cette personne lit cet article, je tiens quand même à nous excuser… Cela étant dit, pendant que les « responsables politiques » étaient au lit, moi j’étais sur le parking de l’aéroport de Lyon sans moyen de transport bien que l’autocar « normal » Ouibus soit décoré de tous les côtés du logo PMR :

En effet, l’autocar « normal » a une porte permettant d’entrer en fauteuil mais cette porte n’est pas fonctionnelle… Honnêtement, je suis gênée d’avoir tiré du lit cette responsable mais je me dis aussi que cela l’a confrontée à un cas pratique très réel.
Finalement, le soustraitant de Ouibus nous a annoncé qu’une autre navette accessible venait de partir de Grenoble et vu l’heure elle nous conduirait directement chez moi puis déposerait Alizée. La navette est arrivée en un peu moins d’une heure…

Cette histoire, au delà de l’anecdote, pose quelques questions.

On impose  aux voyageurs handicapés d’anticiper et d’organiser leur voyage de manière ultra rigoureuse mais la rigueur n’est pas respectée de « l’autre côté de la barrière ». Bien sûr, une panne d’un véhicule peut arriver.
Mais pourquoi Ouibus nous a pas dit « Vraiment désolés, on a eu une panne, on envoie une autre navette, on aura 1h de retard »?
Pourquoi  avons-nous été obligés d’insister si lourdement pour avoir un transport correct? Pourquoi les autocars « normaux » en apparence accessibles ne le sont-ils pas?
Pourquoi un service mis en place par l’Etat,  dit low-cost (pour justifier la sous-traitance à tout va), il y a seulement 2-3 ans, n’a que 20% de sa flotte qui est accessible? On nous a dit que 20% était le meilleur taux pour une ligne low-cost en France voire en Europe…

En conclusion, voyager en fauteuil c’est possible mais il vaut mieux ne pas se donner une heure d’arrivée…

Prochain article : Wuppertal, car je n’ai pas fait Grenoble-Wuppertal juste pour tester les transports ;).

 

%% Mise à jour
Sur twitter (sur lequel j’ai partagé l’article)

J’ai eu un bon de 10 euros… 🙂

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