SNCF : le périple de la réservation

Vendredi 1er novembre, j’ai voulu réserver la prestation acces plus pour un voyage fin novembre.
Le voyage consiste en :

Mercredi :
Grenoble > Lyon St Exupéry (TGV)
Lyon St Exupéry > Aix en Provence (Ouigo)

Jeudi :
Marseille Saint Charles > Toulouse (Intercité)

Dimanche :
Toulouse > Marseille Saint Charles > Toulouse (Intercité)

Lundi :
Aix TGV > Valence TGV (TGV)
Valence TGV > Grenoble (TER)

Après les réservations, j’ai décidé d’écrire à Acces Plus car j’ai passé un moment hubuesque :

Bonjour
Je suis en fauteuil et je ne parle pas donc je fais toutes mes réservations en ligne.
Je souhaiterais vous faire part de comment réserver accesplus est devenu compliqué.
Jusqu’à il y a peu, on pouvait réserver accesplus directement par email, c’était très facile. Depuis quelques mois, on doit remplir un formulaire en ligne et ne plus envoyer d’email direct. Ce n’était pas très compliqué, on pouvait mettre toutes les références de dossier dans le même formulaire.
Apparemment le formulaire vient de changer. Mon voyage a plusieurs références (cf ci-dessous). Ce matin j’ai du remplir 3 fois le même formulaire pour chaque référence. Puis changer de formulaire car j’ai une référence TER *… Ca devient quand même super compliqué.
J’en profite aussi pour signaler (mais ça, ça existe depuis toujours) que si je fais un trajet TGV + TER (typiquement Aix TGV – Grenoble, avec un changement à Valence TGV), sur le site ouisncf, je dois réserver d’un côté Aix TGV-Valence TGV (TGV) et Valence TGV – Grenoble (TER) d’un autre côté d’où la multitude de dossiers.
Ce serait peut-être bien de regarder si un allégement de la procédure était possible, svp.
Bien cordialement,

Le formulaire très intéressant que j’ai du remplir 3 fois  (pour les 3 références TGV/Intercité) : Accès Plus – Demande de Prestation
Il s’allonge selon ce qu’on répond :

Le formulaire TER : Acces Plus TER

*Finalement, Ouigo s’est débrouillé tout seul pour réserver Acces Plus.

Pour le problème du trajet TGV + TER, j’avais déjà interpellé la SNCF sur Twitter, à l’occasion d’une erreur de ma part lors d’une réservation :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Et bien sûr, j’avais pu prendre le TER sans problème, comme depuis 10 ans. On peut d’ailleurs s’interroger sur le fait que ça ne perturbe pas du tout la personne  derrière ce tweet(si ce n’est pas un robot) de reconnaître qu’en 2018, il y aurait des TER non accessibles/ « non adaptés ». Et cette impossibilité de réserver le trajet TGV + TER en un seul coup est toujours d’actualité.

Vendredi, j’ai diffusé mon email sur les réseaux sociaux, mais je me suis dit que ça valait le coup de mettre au propre cette histoire, via cet article. Je vais sans doute l’envoyer « plus haut »…

Comme toujours, je tiens à souligner que lorsque je prends le train, cela se passe généralement très bien. Je trouve donc que c’est extrêmement dommage (et injustifiable à mes yeux) que cela devienne de plus en plus lourd, côté administratif. Certains militants se demandent si ce n’est pas pour nous décourager. Mais ne perdons pas espoir, peut-être qu’un stagiaire s’est enflammé et peut-être que ce formulaire a juste été très mal testé lors de sa mise en place ;).

Et sinon, depuis octobre, la ligne vers Toulouse est coupée plus ou moins jusqu’à nouvel ordre, j’ai pu cependant acheter des billets. Acces Plus à qui j’ai posé la question m’a répondu qu’il n’y avait pas encore d’information concernant la circulation de ces intercités…

Bref! 🙂

 

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En roue libre à la mer

En cette semaine de canicule, je suis partie quelques jours près de Ste Maxime – St Tropez.
6h de train, 2 changements, 0 problème, cela mérite d’être signalé ;).

Quand j’étais petite, je passais un mois dans ce coin, l’été, et nous allions chaque matin à la plage. En grandissant, la plage est devenue compliquée car il fallait trouver un moyen pour aller dans l’eau et en ressortir.
Nous avions testé à ses débuts le Tiralo, un fauteuil pour aller dans la mer mais c’était fastidieux car les maîtres nageurs de la plage n’aidaient pas…

Mais comme tout, cela progresse quand même et cette semaine, nous avons testé la plage de la Nartelle à Ste Maxime et cette fois, les maîtres nageurs étaient ok pour aider pour mes transferts fauteuil <-> Tiralo, Tiralo<->Mer.

Et ainsi, j’ai pu nager dans de la mer.
Toutefois, je n’ai pas tranché : est-ce meilleure une tasse d’eau de mer ou une tasse d’eau de piscine chlorée?

PS : Je suis rentrée dans la douceur estivale légendaire de Grenoble alors que la ministre des transports conseillait de reporter tout voyage en train en raison de la canicule (?!) : 2 trains, juste 1/4h de retard. Cela méritait aussi d’être signalé :p !

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Peut-être bien qu’oui, peut-être bien que non

Ca résume assez bien ma soirée avec la SNCF.
J’ai passé une très bonne journée à Lyon. La région  Auvergne Rhône Alpes était cependant en alerte orage, nous nous sommes pris une averse mais rien de dramatique. Par contre, le matin, je me suis dit « J’espère que la SNCF ne dégainera pas son « en raison des conditions météorologiques… » ». Mais j’ai réprimandé ce point de vue pessimiste et j’ai donc profité de la journée…

Pessimisme ou réalisme??

J’arrive à 18h45 pour prendre le TER de 19h14 ( je dois me présenter une 1/2h à l’avance) pour rentrer à Grenoble. Je me présente au guichet d’Accès Plus :
– Ah mais la ligne pour Grenoble est interrompue, le 19h14 est supprimé, il reste le 20h14 et le 21h14, mais on sait pas encore s’ils vont circuler ».

Je me mets aussitôt en mode négociatrice et je commence à essayer de plaider ma cause pour avoir un taxi :
– On vous donnera jamais un taxi s’il y a un infime espoir qu’il y ait un train qui circule, vous allez devoir attendre de savoir si un TER circule ou pas. »
– Mais c’est une inondation, ils comptent que ça s’évapore d’ un coup? »
– Ben on sait pas… Il va falloir attendre de voir au fur et à mesure jusqu’à 21h14″ Grincements de dents…

20h : le 20h14 est supprimé. Je relance les négociations, surtout que des bus (non accessibles) commencent à être annoncés en remplacement pour Grenoble.
Et là, soulagement : « OK on vous trouve un taxi « . Et en bonus, j’ai un panier repas.
Contente, je pars 5 min aux toilettes.
Je reviens :  » Finalement vous allez prendre le 21h14 car il circule, est-ce que vous avez un impératif? ». Donc j’essaie un ultime argument « Plus je vais arriver à Grenoble tard dans la soirée, moins il y aura de tram jusqu’au moment où il n’y en aura plus du tout ».  Il y a des échanges téléphoniques entre Accès Plus et ce qu’ils appellent l' »escale » (je pense que c’est le bureau du chef de gare) et ils m’annoncent que j’aurai un taxi entre la gare de Grenoble et mon domicile. Je suis un peu étonnée mais tant mieux. « Grenoble va vous arranger ça! »

Accès Plus m’amène sur le quai une demi-heure en avance en prévision de la vague humaine qui déferlera pour prendre ce TER tant attendu. La SNCF change le quai de dernier moment donc nous aussi, bref! Je finis dans le train qui part bien sûr 15 min en retard mais il part! Inutile de dire que j’étais exténuée.
Enfin Grenoble! L’agent grenoblois me fait descendre du train puis me dit « A bientôt, bonne soirée!! »… « Mais il n’y a pas de taxi? ». L’agent ouvre de grands yeux : « Comment ça un taxi?! ». Je lui résume l’histoire, il appelle le chef de gare, ils cherchent ensemble : aucune consigne n’avait été donnée par Lyon…
Poussant un soupir, j’ai sorti ma carte de tram et je suis enfin rentrée chez moi vers minuit.

Heureusement que je suis arrivée avant la fin des trams…

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DuoDay ou le jour annuel de ma déconnexion

 

 

 

 

 

 

 

 

Le 16 mai, je crois que je vais exercer mon droit à la déconnexion. Vous connaitrez mes atouts & qualités le lendemain… ou pas ;-p.

Mais pourquoi ce DuoDay m’exaspère-t-il tant?

C’est un le jour annuel où des valides adoptent un handi pour la journée, afin de lui montrer le monde du travail.
Bon… Déjà imaginez une autre formule : un homme adopte, pour la journée,  une femme pour lui montrer le monde du travail et pour découvrir les « atouts et qualités de la femme ». On pourrait aussi interchanger « femme » par « personne de couleur » etc. Ca ne gène toujours personne?
L’an dernier, durant cette journée, nous avons vu fleurir des selfies dans tous les sens du l’entrepreneur valide et son handi du jour. Je ne peux conseiller que la lecture de l’article d’Elisa Rojas, avocate handi, sur le DuoDay2018: https://auxmarchesdupalais.wordpress.com/2018/04/26/26-avril-2018-triste-duoday/
Je me souviens notamment d’une tablée au resto avec des ministres et leurs handis avec comme légende les noms de chaque ministre terminée par « et leurs binômes ». Les handis avaient donc perdu toute identité au passage… Malaise…

Lors de cette journée, honnêtement, je me suis sentie mal et insultée. Mal de voir des handis brandis pendant une journée pour donner bonne conscience à certains et insultée que certains déclarent découvrir notre quotidien en une journée, journée qui plus est sur leur propre lieu de travail. En une journée, je doute franchement qu’une personne puisse appréhender nos efforts quotidiens pour nous inclure dans la société, notre logistique à la seconde près, notre vie administrative etc etc. Attention : je pense que des entrepreneurs ont été sincères et ont peut-être par la suite proposé un stage voire un contrat. Mais où sont les chiffres? Sauf erreur, il n’y a eu aucun retour chiffré. Et ces entrepreneurs là n’ont sans doute pas fait une com’ tambour battant toute la journée.
Puis, il y a ce besoin inconditionnel de montrer les handis comme une source d’enrichissement, une source abondante d’atouts et de qualités. Enfin, une source tarissable au bout de 12h, puisque, rappelons-le, le taux de chômage des handis est de 19%, soit deux fois supérieur au taux national. Et notons qu’il y a eu une hausse de 3,5% entre 2017 et 2018.

Je voudrais en profiter pour signaler ce sondage d’Ifop montrant que 89% des handis interrogés n’ont pas confiance dans le gouvernement pour mieux prendre en compte leur situation.

Bref… Le 16 mai, je me limiterai aux emails en terme de « connexion » ;).

Bonne semaine 😉

 Ajoût du 2 juin 2019 : Conseil de lecture (en anglais) : Please Stop Spreading ‘Inspiration Porn’ About Disability

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Rota lliure a Barcelona *

* En roue libre à Barcelone (selon Google traduction)

Tout d’abord, très important, nous nions toute responsabilité dans la défaite du Barça en demi-finale en Ligue des Champions (2019).
D’ailleurs, le jour de notre arrivée à Barcelone, ils ont gagné le match aller. CQFD

Ce point tiré au clair, retour en arrière d’une semaine, 7h40, les 3 soeurs Kristensen sont déposées à la gare d’Aix TGV par leur grands parents. Premier voyage entre les 3 soeurs depuis qu’on est « grande », prétexte brandi : les 20 ans de la petite et les bientôt 30 de la grande… Et donc direction : Barcelone.

Une fois à la gare, suivant le rituel habituel, je me présente au guichet Accès Plus. L’agent arrive et avec un immense sourire (?!) m’annonce : »On n’est pas sûr du tout que vous puissez entrer dans ce train, on ne l’a jamais fait et la régie de Marseille dit qu’il n’y a aucun compartiment accessible. Mais on verra bien! » lolilol.

–Arrêt SNCF–
En janvier, quand nous avons décidé de partir à Barcelone en train, j’ai passé deux fois trois quarts d’heure à la gare de Grenoble pour réserver ces billets. Chaque fois l’agent a appelé le siège de Paris pour être sûr que je pourrai bien entrer dans ce train. Dans les TGV français, les places « fauteuils roulants » sont exclusivement en 1ère classe or là dans le TGV espagnol, il n’y avait que des places « fauteuils roulants » en 2ème classe d’où la vérification des agents de la gare de Grenoble.
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Je rejoins mes soeurs en leur racontant l’optimisme de l’agent d’Accès Plus, on commence à imaginer des scénarii recombolesques avec taxi aux frais de la SNCF jusqu’à Barcelone, etc etc.
Le train finit par arriver en gare, et ô surprise, la voiture est bien sûr accessible comme il faut. Le chef de gare s’exclame « Ah ben, on saura que c’est possible, la prochaine fois! ». Oui… Heureusement qu’aucune de nous n’est cardiaque.
Bref! Nous voilà installées et pendant les 4h et quelques, les restos du Routard seront étudiés avec la plus grande attention.
Nous arrivons à la gare Barcelone Sants sans encombre et petit luxe très appréciable, l’hôtel nous avait réservé un taxi adapté.
J’ai trouvé l’hôtel sur Handilol (site que je vous conseille par ailleurs pour d’autres voyages en handitourisme). Cet hôtel est plutôt une résidence, la résidence MICs Jordi. Cette fabuleuse résidence propose des petits apparts ENTIEREMENT accessibles! Cette fois-ci, je n’ai pas pris de photo mais Handilol a fait une visite en vidéo.
Une fois installées dans notre petit appart, après un rapide repas et une p’tite sieste, nous sommes sorties visiter notre quartier résidentiel et plutôt coquet et nous avons fini par arriver sur la Plaça de Catalunya et sur la Rambla. La fatigue pointant son nez, nous avons décidé de rentrer à la résidence en métro (aucun problème). Nous étions parties faire une petite balade, au final nous avons fait environ 7 kms donc les premières tapas ont été les bienvenues :

Le lendemain, la journée fut bien rythmée entre le marché de Boqueria, le quartier gothique, le musée de Picasso et la Rambla dans tous les sens possibles (soit 2 sens bien sûr).

Nous nous sommes octroyées une bonne pause en fin d’après-midi avec une amie installée à Barcelone puis on a repris La Rambla pour un bar quelque peu original, El Bosc de les Fades, soit le « Café fées ».

Quand on rentre dans ce bar, on a l’impression d’être propulsé dans une caverne de la Comté de Bilbo le Hoobit et Compagnie. Cela vaut vraiment le détour.
Requinquées par quelques tapas, nous avons décidé de continuer jusqu’au bord de mer, au soleil couchant.
Je n’ai pas trouvé le bord de mer exceptionnel, le plus marquant a été le nombre de perruches dans les arbres.
Après cette balade, nous avons voulu rentrer à la résidence. Mais 1er bug au chapitre des transports, l’ascenseur du métro n’a pas été coopératif! Nous avons donc opté pour le bus, occasion de constater qu’il était tout aussi accessible.
Et après douze heures de visite, nous avons opté pour un bon plat de pâtes dans notre appart, savourant d’avoir une cuisine équipée à disposition…
La journée suivante devait être la journée de Gaudí entre la Sagrada Familia et la maison de Gaudí. Mais c’était sans compter sur la météo, un déluge imprévu s’est abattu sur Barcelone. Par imprévu, comprenez bien que nous n’avions strictement rien d’imperméable dans nos valises. R-I-E-N.
Donc le matin, nous avons quand même pu profiter de la Sagrada Familia, bien contentes que la toiture soit finie. Nous avons été totalement submergée par le spectacle architectural.

Et l’après-midi nous nous sommes réfugiées dans un centre commercial, beaucoup moins spectaculaire et intéressant. Ce qui nous a pas empêchées de rentrer à la résidence, le soir, complètement trempées mais suffisamment motivées pour ressortir à la recherche de tapas…
Le dernier jour, le soleil a été de nouveau au rdv donc cette fois-ci nous avons pu visiter la maison de Gaudí (seul le rez de chaussée est accessible) et le parc Guell, en profitant pleinement du paysage. Le parc Guell a des chemins en escaliers mais aussi des chemins carrossables donc j’ai pu me balader sans problème.
Nous n’avons pas voulu repartir sans voir la Sagrada Familia ensoleillée :

 

 

 

 

 

 

 

 

L’heure de repartir est bel et bien arrivée et là gros bug dans la station Provença, on n’a jamais trouvé l’ascenseur pour atteindre notre ligne. Le taxi et nos bagages nous attendaient à l’hôtel et nous on cherchait désespérément cet ascenseur fantôme. La station était bien signalée comme accessible, nous pouvions effectivement descendre dans la station mais impossible de trouver l’ascenseur accédant à notre quai. L’heure tournait et nous aussi. Finalement ma soeur a décidé de déclarer forfait (trèèèèèèèèès sage décision) et a appelé le taxi pour qu’il vienne nous secourir. Et après un crochet par la résidence, nous sommes arrivées à la gare Barcelone Sants, complètement épuisées mais ravies de ces quelques jours.
Nous avons pris une décision : en 2026, nous reviendrons visiter la Sagrada Familia terminée 😉 .

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Grand Débat National : Inclusion et Handicap

Dimanche dernier, K. et moi recevions un message d’une copine handi, J. : « Hey les amis, une asso m’a dit qu’il y avait un débat sur le handicap avec Olivier Véran (député de l’Isère) et Sophie Cluzel (secrétaire d’état en charge des handis), vendredi! La personne de l’asso m’a dit « je ne t’ai rien dit », ha ha. On y va?? »

Ni une, ni deux, on s’inscrit à ce débat « ouvert à tous » mais uniquement diffusé au près des grandes associations. Je n’en trouverai aucune trace sur la page facebook du député ou dans les médias jusqu’au moment où la billeterie affichera complet, là tout d’un coup, on a vu apparaître l’annonce. Un concept du « ouvert à tous » un peu bizarre mais soit.

Avec K. et J., on commence à un peu discuter sur Messenger mais très vite nous décidons de nous voir en « vrai » pour préparer un peu. Ainsi, le mercredi soir nous nous réunissions chez moi autour de pizzas. Nous n’avions aucune illusion, nous savions que ce serait très dur d’avoir la parole au milieu d’associations et nous imaginions déjà un débat très verrouillé, quatre tables rondes thématiques étaient annoncées sans plus de précision. Nous avons donc décidé de préparer juste trois questions résumant les thématiques chères à chacun d’entre nous :

K. : A une époque où l’autonomie individuelle est revendiquée, comment justifier la dépendance financière vis à vis d’un conjoint valide notamment pour les personnes en incapacité de travailler?*

J. : Comment en 2017, un établissement scolaire, établissement de centre-ville, très bien réputé,  peut-il refuser un jeune prof handi  2 semaines avant la rentrée car l’établissement n’est pas accessible, l’envoyant dans un collège REP de banlieue?

Moi : Comment justifier que l’entretien du logement et la cuisine qui sont des bases fondamentales pour la dignité humaine ne sont pas compris dans la pch (prestation de compensation du handicap)?

Le grand jour arrive, nous nous rendons ensemble à la Maison des Associations, lieu du Débat. Il y a déjà beaucoup de monde, les fauteuils sont en nette minorité mais bon, n’oublions pas qu’il y a les « handicaps invisibles »…
Nous distinguons les 4 tables rondes, nous demandons les thématiques : « Loisir », « Société », « Ecole », « Travail ». Nos questions seraient plutôt en lien avec « Société » mais cette table étant submergée de monde, nous pensons plus stratégique de nous installer à « Travail » pour avoir une chance d’avoir la parole. Nous nous installons. Nous avons un sourire en coin car les gens sur 2 jambes autour de la table nous tournent ostensiblement le dos et mettent dix bonnes minutes à réaliser que ce serait peut-être intéressant d’élargir le cercle pour inclure les fauteuils. Bref!
La secrétaire d’Etat arrive avec sa délégation, nous entendons « la consigne est de se lever ». Nouveaux sourires en coin.
Après un discours de Sophie Cluzel « Je suis là pour vous écouter », les choses sérieuses commencent. On nous distribue des post-its sur lesquels nous devons écrire des « diagnostics » et des « propositions ». J. y écrit son expérience de prof agrégée envoyée en REP, K. se débrouille pour rattacher « l’AAH et le conjoint » à la thématique du travail et moi, j’écris qu’il faut une meilleure prise en charge de la PCH pour que l’on puisse se consacrer à notre vie pro… La table est animée à l’arrache, on s’entend à peine donc je décroche vite et je regarde autour de moi. K. discute avec un journaliste sur l’AAH et J. expose son expérience à d’autres. Tout d’un coup, une dame s’intéresse à J. et moi et nous demande ce que nous faisons dans la vie :
– Agrégée de lettre »,
– Ingénieur de Recherche ».
– Wahoooooooooo!!! Incroyable!!!!! Merveilleux!!! Absolument extraordinaire! Fantastique!  Trop bon!!!!! Il faut absolument que vous veniez témoigner à mes formations, j’essaie de montrer que les personnes en situation de handicap peuvent travailler ». Avec J. nous échangeons un regard disant « Ca va, on n’a pas  décroché le prix Nobel non plus, du calme dans les superlatifs. » Mais nous donnons nos coordonnées, après tout peut-être que cela peut être utile…
Enfin, au bout d’une petite heure, c’est le moment de la restitution donc nous nous installons face à l’estrade, ça peut être le moment le plus intéressant… ou pas. Les rapporteurs se succéderont présentant une synthèse (plus ou moins bien faite, par exemple le post-it de J. a été fondu dans « accessibilité des locaux », le mien dans « des meilleures aides d’accompagnement » et celui de K. a simplement sauté) de leur table ronde, Sophie Cluzel y répondra par des laïus extrêmement bien formatés et à quelques questions du public. Je pense qu’au final il n’y a pas eu plus de 10 questions « spontanées », le micro ne circulant pas car « nous n’avons plus le temps, Mme la Secrétaire a un train à prendre ». A mon sens, Sophie Cluzel a répondu de manière très froide, très technique, n’hésitant pas à « attaquer » sur les mots des questions. Par exemple, une personne l’a interpellée sur les dérogations pour l’accessibilité des lieux publics et « privés », précisant que ce qu’elle entendait par « privé » c’était les restos etc, bref les entreprises privées. Et là, Sophie Cluzel a immédiatement « attaqué » en disant que les restos etc n’étaient pas des lieux « privés » mais des lieux « publics ». Oui… Bon… Et alors?
De mon point de vue, cette phase de restitution et d’échange n’a eu absolument aucun intérêt et Sophie Cluzel a pu avoir son train!

Avons nous été surpris de la tournure de ce débat? Absolument pas, malheureusement…
Peut-être que le point positif a été les échanges avec les journalistes, à voir si cela donne quelque chose dans les prochains jours… Moi à J. et à K. :
« C’étaient des journalistes de quels média?
-Euh… Bah… On sait pas trop en fait :). »

Ah non, il y a un autre point positif, cela nous a donné une occasion de nous voir, J., K. et moi, de manger des pizzas et d’aller au resto en sortant du « débat » 😉 !

* Je vous renvoie vers la vidéo qu’a faite K. sur cette problématique :

La député Marie-Georges Buffet va essayer de proposer une loi le 7 mars pour que l’AAH ne soit plus alignée sur les revenus du conjoint. A suivre…

 

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Londres et Oxford

Il y a quelques années, je suis allée à Londres. Vous pouvez toujours trouver les articles de l’époque.
Et cette année, j’ai embarqué ma p’tite soeur pour une semaine à Londres et à Oxford où habite une amie.

Depuis mon premier séjour, une nouveauté fort appréciable a été mise en place : un Eurostar passant par Lyon évitant de changer de gare à Paris. Ainsi le samedi, nous voilà parties. Ça vaut vraiment le coup d’être handi dans l’Eurostar : on voyage à tarif réduit en première classe dans laquelle des plateaux repas et des boissons sont servis, hé hé ;).

Après un arrêt d’une heure à Lille pour les contrôles à la frontière, nous sommes arrivées sans encombre à Saint Pancras… L’ascenseur était en panne, la gare vide à cette heure tardive! « Heureusement », les escalators étaient arrêtés donc j’ai pu en dévaler un en priant qu’il ne se mette pas à se déplier en escalier… Premiers rires londoniens.

J’ai préparé ce voyage à partir de mai… Oui je sais, j’ai une légère tendance à anticiper. J’ai passé des heures à chercher THE bon hôtel, je voulais un hôtel plus central que celui du séjour précédent. Mon choix s’est arrêté sur The Tavistock Hotel, à 10 min à pied de la gare, entouré de square et de l’université UCL donc quartier sympathique et bien placé par rapport au centre. Il est symbolisé par la bulle bleue sur la carte à la fin de l’article… Et j’ai oublié de prendre des photos de la chambre!! Voici un extrait de mon commentaire sur TripAdvisor :

Il y a une marche pour entrer dans l’hôtel mais les portiers sortent une rampe si besoin. Le personnel est très gentil.
La chambre 342 est une chambre accessible PMR pratique avec un lit double et un lit simple. Dans la salle de bain : une douche à l’italienne avec siège fixé au mur (pliable), avec une barre à gauche du siège. Les toilettes sont en face du lavabo avec la barre d’appui à droite. Le lavabo est un peu haut.
[…]

Le dimanche, le mot d’ordre était « tranquille ». En effet, le premier jour d’un voyage, je suis souvent patraque. Et ça tombait bien car c’était le seul jour pluvieux. « Tranquille » mais l’après-midi, nous avons quand même voulu aller rendre visite à quelqu’un…

Et finalement, nous avons fait une dizaine de kms, c’est le parcours en orange sur la carte à quelques rues près.

Lundi, les choses sérieuses ont commencé, nous avons pris un taxi (les black cabs sont tous accessibles, un vrai paradis) direction le Natural History Museum. Nous sommes arrivées 5 min avant l’ouverture (on va dire que c’est mon côté scandinave) et du coup, nous avons pu voir le magnifique hall d’entrée plutôt vide et l’apprécier à sa juste valeur :

Deux heures plus tard, il y avait une foule compacte assez impressionnante.
Nous, nous sommes alors parties, le programme étant de descendre à pied jusqu’à la Tamise en visitant les quartiers de Kensington et de Chelsea. Le parcours est en violet, toujours à quelques rues près. Après une balade d’environ 8 kms, nous avons pris un taxi pour l’hôtel où nous devions préparer nos bagages pour notre voyage à Oxford…

Oxford est à une heure de train de Londres. L’an dernier, suite à mon buzz avec la SNCF, une doctorante britannique m’avait contactée, travaillant sur l’accessibilité des trains anglais. Nous avions un peu correspondu. Et en mai, quand j’ai décidé de ce voyage, je l’ai contactée pour avoir des conseils. Et heureusement! Il y a des trains à destination d’Oxford à partir des gares de Paddington et de Marylebone. Les trains au départ de Marylebone sont moins chers mais la doctorante m’a appris que selon les dimensions du fauteuil, je ne pourrais peut-être pas prendre ces trains!  Et cette info a été primordiale car mon fauteuil s’est révélé en effet trop large (63 cm) pour Marylebone (les dimensions maximales pour Marylebone : longueur : 104cm,  largeur : 56cm, poids : 136 kg). J’ai donc réservé un train au départ de Paddington. Pour l’assistance, c’est assez semblable à Acces plus, le service français. J’ai envoyé un email, ils m’ont confirmé l’assistance et m’ont demandé de me présenter 30 min à l’avance.

Train vers Oxford

Le voyage s’est déroulé sans aucun problème. Nous avons découvert une ville magnifique, l’une des plus belles villes que je n’ai jamais vues. L’université d’Oxford est composée d’une trentaine de collèges somptueux.
Voici quelques photos :

Oxford a servi de lieu de tournage pour certaines scènes d’Harry Potter.

Salle à Manger de Poudlard

L’originale (qui sert de cantine midi & soir)

 

… n’y était plus

 

 

 

 

 

La bande à Malfoy…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous avons eu un privilège incroyable car mon amie travaillant à l’université d’Oxford avait un pass, nous avons pu visiter plein de collèges gratuitement et parfois des collèges fermés au public!
Nous sommes aussi allées à Woodstock, à 45 min d’Oxford en bus, pour visiter le palais de Blenheim dans lequel est né Churchill.

Un petit palais…

L’aile ouverte au public était complètement accessible :

Côté hôtel, nous avons séjourné au George Street Hotel, un hôtel très central. Et cette fois-ci, j’ai les photos :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Et un extrait de mon commentaire TripAdvisor :

La chambre PMR est globalement agréable, avec une douche à l’italienne, siège de douche non fixé et des barres d’appui.
Le lit King Size est très confortable mais aussi très haut…
Il y a une porte coupe feu juste devant la porte de la chambre donc il est impossible d’entrer/sortir seul(e), quelqu’un doit tenir les portes.

 

 

 

Mais dans cette chambre, il y avait un truc trop bizarre, une veilleuse verte se réfléchissant dans tous les miroirs. Une fois les lumières « normales » éteintes, la chambre était plongée dans une lumière psychédélique verdoyante!!! Mais mes sacs referment toutes sortes de chose dont du scotch noir…

Et jeudi après-midi, nous sommes reparties vers Londres avec un pincement au coeur car nous avons extrêmement adoré Oxford et son ambiance.

Nous sommes retournées au Tavistock Hotel mais nous avons eu une autre chambre, la 742 et nous avons découvert que les étages 7 et 8 étaient à une température effroyablement élevée. Sans clim, nous avons très mal dormi mais heureusement le lendemain nous avons pu changer de chambre et retourner dans la 342. J’ai failli acheter un thermomètre juste pour mesurer les écarts de température entre les étages, tellement que la différence était incroyable.

Le vendredi matin, la nostalgie oxfordienne a laissé place à de l’excitation car nous allions visiter le Buckingham Palace et je suis une très grande fan de la Reine :D. Cette visite n’est possible qu’en août, lorsque la Reine est en vacances en Ecosse.
L’entrée « accessible » est tout simplement l’entrée principale du château :

L’intérieur du palais est accessible  et nous avons demandé à ressortir par les jardins. Or pour accéder par les jardins, en fauteuil, il n’y a pas d’autre choix que de passer devant les appartements privés de la Reine, svp! 😀

Après avoir bien profité, nous y sommes restées trois bonnes heures, lol, nous avons visité le quartier de Westminster et l’Abbaye de Westminster.

Et nous sommes rentrées à pied à l’hôtel, c’est le parcours vert (environ 9 km).

Difficile de repartir sans une séance de shopping, le samedi y a été consacré (parcours jaune). Nous avons d’abord visité le marché couvert Apple de Covent Garden :

Très mignon mais à part les échoppes temporaires, les petites boutiques ne sont pas accessibles. Nous avons ensuite fait Oxford Street, Regent Street avec un petit détour par Soho pour nous excuser de notre élan capitaliste de la journée :

Et dimanche nous avons du reprendre l’Eurostar pour plonger dans la canicule… Snif :

 

Nous avons donc fait près de 10 kms chaque jour :

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Petite pause pipi :

Il est évident que plus les années passent, moins j’ai de mal à trouver des toilettes accessibles et c’est franchement merveilleux… A Londres et à Oxford, il y a bien sûr des toilettes dans tous les lieux touristiques, y compris dans Buckingham Palace. On en trouve aussi dans les magasins et les restaurants. Mais il faut parfois la « Radar Key » que j’ai pu commander sur internet. Elle ouvre 10 000 toilettes accessibles au Royaume-uni…

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Stoppé(e)s dans notre élan

Ceux qui me suivent sur les réseaux sociaux, vous allez sûrement vous dire que j’en fais une obsession mais ce n’est pas vrai : j’en n’ai toujours pas parlé sur ce blog!

Il y a un mois, le 1er juin, l’Assemblée Nationale a voté l’article 18 de la loi ELAN réduisant l’accessibilité des logements neufs de 100% à 10%… Je pense que nous avons été beaucoup à être assommés par cette réduction d’un gouvernement déclarant le handicap comme étant une priorité du quinquennat. Réduction allant carrément contre les conventions de l’ONU dont la France est signataire. Je pense que c’est la première fois de ma vie que je vois une loi établir une régression pour les handicapés. D’habitude c’est un progrès (avec plein de dérogations, mais un progrès quand même) ou juste pas de loi du tout.
Des voix se sont élevées, je ne peux que vous encourager à lire le témoignage de Sarah, je me suis reconnue dans quelques situations :

http://www.liberation.fr/debats/2018/06/13/ce-n-est-pas-mon-handicap-qui-me-fait-souffrir_1658540

et à visionner la vidéo d’Odile Maurin, présidente d’Handi-Social, répondant à la question « quand même 100% de logements accessibles, c’est pas un peu trop? »

 

Je ne vais pas répéter ces arguments mais juste donner deux exemples concrets que j’ai rencontrés ces derniers jours. Ces deux exemples montrent que le problème de l’accessibilité ne se résume pas seulement à notre propre logement.

Je cherchais un professionnel de santé exerçant en libéral. J’ai du en contacter une dizaine dont le cabinet se trouve dans un immeuble de logements.  « Non, je suis vraiment désolé(e), mais mon cabinet n’est pas accessible », « Non, nous avons un ascenseur mais il est vraiment minuscule, le fauteuil n’entrera jamais ». Même mon généraliste ne savait pas vers qui m’envoyer. Le rdv n’étant pas du tout vital, j’ai songé à abandonner. Puis un professionnel que j’avais contacté m’a conseillé un confrère exerçant dans un cabinet accessible. J’ai enfin pu obtenir un rdv, après de nombreux emails, de nombreux SMS. Le cabinet est à l’autre bout de la ville alors que mes premiers choix étaient bien plus près de chez moi. Certes, il y a une loi qui « oblige » les professions médicales à ouvrir les nouveaux cabinets dans un lieu accessible mais il y a de nombreuses dérogations. Et on peut imaginer qu’après cette loi ELAN, dont le but était de « rassurer » le milieu du bâtiment, une autre loi, un autre décret, d’autres dérogations surgiront pour faciliter l’installation de certains spécialistes par exemple.

Autre contexte, autre exemple. Ce week-end, un copain a déménagé. Il m’a dit « En plus au rez-de-chaussée!!!… Mais il y a 6 marches! Pas grave, au pire, on portera le fauteuil… » J’ai pas mal d’amis mais je ne peux pratiquement aller chez aucun d’entre eux. Alors oui, on fait d’autres choses, un resto, une soirée chez moi, un pique-nique… Et bien sûr ils font aussi des soirées chez eux auxquelles je ne peux pas aller…

La loi Elan, je trouve qu’elle porte magnifiquement bien son nom. Je l’imagine comme un obstacle tombant du ciel, et nous, nous devons freiner des 4 roues et nous stopper dans notre élan pour ne pas nous faire claquer une énième porte au nez…

La loi sera discutée à partir du 3 juillet au Sénat…

 

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En marche… avant ou arrière?!

Cet article va être un peu sérieux. Je vais vous parler d’un sujet qui me tient à coeur : l’intégration des élèves et étudiants handicapés.
Cette année, le gouvernement a mis en place un nouvelle plateforme d’orientation pour les lycéens, ParcourSup. Je ne vais pas entrer dans les détails ici mais les lycéens émettent des voeux pour plusieurs formations postbac. Le grand changement est que les formations étudient chaque dossier, ce n’est plus un algorithme qui fait les répartitions.

Depuis quelques jours, je voyais des rumeurs circuler sur les réseaux sociaux parlant d’un problème entre les lycéens handicapés et ParcourSup mais je ne parvenais pas à trouver vraiment une source officielle…

Mais heureusement je ne décroche jamais de France info ;).
Ce samedi matin, la chargée des questions liés à l’éducation de l’Association des Paralysés de France (APF) a été interviewée.
Voici le fichier audio de l’interview que la journaliste de France Info m’a gentiment envoyé.

INTERVIEW

Pour résumer, avant ParcourSup, dans certaines académies, des commissions recensaient les élèves handicapés pour, si besoin, expliquer aux responsables des formations les situations particulières. Par exemple, expliquer qu’un élève a fait son lycée en 4 ans au lieu de 3  non pas parce qu’il n’était pas bon élève mais parce qu’il avait eu des problèmes de santé liés  à son handicap. Ou alors qu’il était tout à fait compétent à l’écrit et à l’oral grâce à des aménagements etc. En quelque sorte, ces commissions jouaient le rôle d’un intermédiaire neutre et officiel, rassurant sans aucun doute les formations qui allaient accueillir l’étudiant handicapé. L’APF demandait la généralisation de ces commissions dans toutes les académies…
ParcourSup a répondu à la demande de généralisation en supprimant toutes les commissions existantes (c’est certes une généralisation mais bon…). Ainsi, aujourd’hui, il n’y a absolument aucune procédure pour prendre en compte le handicap d’un candidat. Le lycéen peut certes décrire son handicap, « en vrac », dans sa lettre de motivation mais l’APF explique à juste titre que les lycéens hésitent à indiquer leur situation de peur d’être mis sur la touche selon les formations et les places disponibles.
Dans la nouvelle loi d’orientation, seule une procédure de recours au près du rectorat pour réexamen est prévue. Mais pourquoi une procédure de recours? Pour assurer un taux d’adrénaline aux lycéens handis? Pour ne pas laisser les familles sans paperasse à faire (des fois qu’elles s’ennuieraient)?  Et si le recours est accepté, ils vont virer un autre élève qui avait pourtant fêté son admission pour donner la place à l’élève handi? Le retard dû au recours induira un retard non négligeable pour chercher un logement, pour organiser la « nouvelle vie d’étudiant », chose qui peut être à la base bien ardue selon le handicap. Faire son entrée dans l’Enseignement Supérieur à coups de recours, on aurait pu souhaiter mieux pour l’ « inclusion » servie à toutes les sauces par le gouvernement…

Grandes Lignes du communiqué de presse de Sophie Cluzel daté du 5 décembre 2017 :

« Permettre à l’École de la République d’être pleinement inclusive


Offrir le droit à une scolarisation de qualité à tous les élèves en situation de handicap, en répondant à leurs besoins éducatifs particuliers, passe par une transformation profonde et pérenne du système éducatif et médico-social.

Cette ambition forte traduit l’engagement du Président de la République et du Gouvernement de faire du handicap une priorité de ce quinquennat.« 

J’ose espérer que pour le gouvernement, la « scolarisation de qualité » des élèves handis ne doit pas s’arrêter au secondaire…

Mon orientation PostBac remonte maintenant à un certain nombre d’années. Et c’était plutôt facile, j’avais un bon dossier et je demandais la prépa de mon lycée. Mais quand j’ai passé les concours d’entrée aux Grandes Ecoles, je me rappelle que mes profs m’avaient suggéré de contacter les écoles préalablement pour vérifier leur accessibilité. J’avais refusé pour ne pas me censurer et ne pas me « signaler « à l’avance. Je comprends donc tout à fait les lycéens qui ne veulent pas parler de leur handicap dans leur lettre de motivation.
Résultat, quand j’ai été admise à Phelma, on a contacté la direction. Avec mes parents, nous avons passé une journée entière avec des membres de la direction et de l’équipe éducative pour visiter tous les locaux pour identifier les besoins et les travaux ont été immédiatement effectués. Ceci est de la véritable inclusion!

Enfin, dans l’interview, la membre de l’APF souligne que l’accessibilité est loin d’être généralisée (décidément la généralisation…) et que même des bâtiments neufs post-2005 ne sont pas totalement accessibles. Ces jours-ci, un jeune étudiant handi a été refusé par une école de journalisme de Paris à cause de locaux inaccessibles…
Le Monde a publié un article montrant qu’à la fin de 2014, 700.000 bâtiments n’étaient pas accessibles, 250.000 bâtiments ont été accessibles dès leur construction et 50.000 bâtiments ont été rénovés…
Je travaille sur un campus universitaire, dans un bâtiment en cours de rénovation. Notre aile est complètement rénovée, mais je ne peux ni entrer ni sortir du bâtiment seule à cause d’une porte trop lourde. L’université était tout à fait prête à m’installer un groume motorisé, puisant dans le fonds réservé pour les salariés handis mais il semblerait que les proprios du bâtiment veuillent s’en occuper. Pour l’instant, le matin j’attends que quelqu’un passe pour m’ouvrir. Les matins neigeux et pluvieux, je me débrouille mais la porte se referme sur mon épaule, le temps que je manœuvre le fauteuil.
Tous les WC ont des groumes qu’on a dévissés à ma demande mais uniquement à mon étage. De plus, toutes les salles de cours (!!) sont aussi équipées de groumes.

Supposons  alors que je sois au rez-de-chaussée en réunion dans une salle de cours : j’ai une envie pressante, je dois demander à quelqu’un de m’ouvrir la porte de la salle pour que je sorte, je prends l’ascenseur pour le 2nd étage, « mon étage », je vais aux WC dégroumés, ceux avec la barre d’appui du bon côté… Drame : il y a déjà quelqu’un dedans!

Last but not least, en octobre 2017, le Président Macron a voulu « rassurer » le monde du bâtiment et un « projet de loi prévoit d’abaisser de 100 % à 10 % la part de logements accessibles aux personnes handicapées dans les immeubles neufs. Les 90 % restant devraient simplement être évolutifs. » (Source, FaireFace). Certes, on parle ici des immeubles de logement mais cela laisse rêveur…

Source Europe1.fr

 

 

 

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Loi des séries

L’autre jour, sur France Info, on nous expliquait que les lois des séries n’existaient pas…
J’en suis beaucoup moins sûre, j’ai surtout l’impression d’être complètement immergée dans une de ces lois.

Pêle-mêle (en l’espace de 15 jours) :

  • Un beau matin, je reçois un email de l’agence de l’auxiliaire :

« Je viens de m’apercevoir qu’il va y avoir un dépassement de prise si vous ne voyez pas d’inconvénient je peux supprimé la prestation de demain de 1h30 pour éviter le dépassement.

Désolé pour ce désagrément » (email retranscrit à la lettre près)

Il faut savoir que j’ai un nombre d’heures d’aide humaine mensuel fixé par le Conseil Départemental. L’agence doit composer avec, aidée par plein de logiciels etc. Outre le fait qu’on m’annule une prestation la veille pour le lendemain, j’ai été autre qu’étonnée qu’il y ait un dépassement. Le soir, j’ai donc fait un tableau excel selon le planning que l’agence m’a envoyé et… je n’ai pas trouvé de dépassement. J’ai envoyé mon joli tableau à la direction de l’agence qui a décidé de maintenir la prestation et de vérifier le comptage des heures… Il s’est avéré (selon l’agence) que l’auxiliaire avait mal « débadgé » en sortant de chez moi et donc que le compteur d’heures d’aide tournait à plein régime… On peut se demander ce qu’il se serait passé sans mon tableau excel.
Et maintenant ma porte d’entrée est décorée d’un beau badge :

  • Le bâtiment de mon labo est en travaux. Nous allons sous peu changer d’entrée principale. Il y a quelques jours, nous sommes allés tester ces portes. Je n’ai jamais pu les ouvrir tellement le groume est résistant. La 1ère suggestion était donc de desserrer le groume. Mais j’ai appris l’existence de groume à gaz (!!) dont le desserrement est impossible. L’administration de l’université m’a donc demandé un certificat médical pour l’installation d’un groume électrique, certificat fait par la Médecine du Travail dont les locaux ne sont toujours pas accessibles… Finalement, par email (en insistant sur l’urgence), le certificat a pu être fait. La procédure est lancée mais ça risque d’être long (demande de devis etc etc)… Donc en attendant, je compterai sur le flux et les fumeurs pour entrer/sortir du bâtiment.
  • La roue du gros fauteuil, avec lequel je sors, s’est mise à faire un bruit suspect. J’ai du l’immobiliser et me servir du petit fauteuil pendant quelques jours en attendant la venue du réparateur. Il n’a pas trouvé l’origine du bruit mais a éliminé toutes les causes dangereuses… A suivre.
  • Ce matin avant d’aller au labo, j’ai voulu m’acheter à manger (car l’auxiliaire a complètement raté le repas, chose rare). Et au moment de taper « une salade de chou, svp », aucun son n’a voulu marcher sur ma synthèse vocale! J’ai fini par avoir ma salade de chou, en pointant puis je me suis précipitée chez moi chercher une vieille synthèse vocale, complètement déchargée bien sûr. Au passage, j’ai pris ma réserve de papier bulle en prévision d’un envoi de la synthèse par la poste. Arrivée au labo, j’ai branché les deux synthèses espérant que la « jeune » ressusciterait pendant que la « vieille »reprendrait des forces. Le retour à la vie n’a pas eu lieu quant à la deuxième elle a choisi d’être autonome, choisissant de prononcer les sons de son choix, avec une nette préférence pour le « leu »…
    Le réparateur, joint par email et par téléphone via ma mère, m’a conseillé de reconnecter un connecteur avec une « pince à bec courbe ». Fort heureusement, dans mon 2ème labo, on a tous grandi avec des TP d’électronique. Une copine est carrément partie m’acheter une belle collection de pinces :
    Malheureusement une fois le connecteur rebranché, le clavier ne marchait toujours pas. Et la deuxième aime toujours autant le « leu » malgré un bref moment de lucidité après avoir trifouillé son propre connecteur…
    Conclusion :

Bien sûr, ces couacs administratifs et matériels finissent toujours par s’arranger. Mais il faut bien réaliser que je les gère tout en essayant d’avoir une vie professionnelle à plein temps et une vie perso à peu près normale (d’ailleurs j’ai repris la piscine :D)… Et en attendant leur résolution, ma vie est bien compliquée, stressante et fatigante.
Bref, en ce moment, qu’on ne vienne pas me dire que la loi des séries n’existe pas, même par la voix de France Info ;)…

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